Lettre d’Isabelle 183 – Vacances d’hiver
Ce qu’il y a de génial dans les vacances c’est la détente et le petit gloussement de rire qui se loge facilement en moi. C’est sûr, Il est plus facile de se sentir léger quand on part en laissant tout en ordre derrière soi, avec l’intention de se reposer, de voguer le nez en l’air et de ne s’occuper que de son bien-être.
Pour moi : l’Inde et une cure ayurvédique pour commencer.
En partant de France, j’ai troqué dans l’avion le livre que j’avais commencé sur la lumière de la mort paru aux Editions Claire Lumière, leur dernier opus, plus exactement Mourir dans la lumière sur l’expérience de certains maitres éveillés tibétains qui à la mort ne laissent pas de cadavre derrière eux mais une iridescence lumineuse à la place. La matière du corps a disparu dans un arc-en-ciel. Voilà. J’ai voté pour ça il y a 40 ans. Je l’ai troqué donc pour suivre un film sur l’écran de mon siège 32A du boeing Qatar Airways Nobody 2 dans lequel on s’entretue comme qui rigole, les bons ayant gain de cause sur les méchants, les trafiquants, les odieux, les vilains. Et là, des tas de cadavres s’y décomposent de la plus habituelle des façons. Mais bon ce sont les très méchants et je suis une enfant. Le grand écart. La loi de l’équilibre. Je ne suis pas certaine d’arriver à mourir en corps d’arc-en-ciel dans cette vie de toute manière et j’adore la tête mal rasée de l’acteur principal Bob Odenkirk qui dézingue à tout va la bande de méchants dans le décor illuminé d’une fête foraine.
Nous sommes le 31 décembre 2025. Toute gaite à l’idée de passer en solo le réveillon en l’air. J’ai failli prendre un spritz pour fêter ça mais me suis mollement rabattue prudente sur un jus de tomate épicé. Pourquoi prudente ? La dernière fois qu’en vol j’avais opté pour un beaujolais nouveau je m’étais retrouvée à l’arrière du cockpit allongée sur le sol, les jambes en l’air, tenues par une steward, on essayait de me réanimer je m’étais évanouie. Vingt minutes quand même ! Pour un verre de pinard ! Ma première réaction avait été toute philosophique : Ouf j’ai mis un pantalon…
Par le hublot je découvre de hautes montagnes dans un ciel jamais vu comme ça : aussi bleu que serein. Un nouveau-né. Pas un nuage. Le 1er janvier se glisse discrètement dans l’avion. Tout le monde dort copieusement. L’année commence bien. Je laisse mes douces résolutions du nouvel an filer dans le silence de ma béatitude mon jus de tomate à la main.
Arrivée dans le centre de traitement ayurvédique du Kerala que j’ai choisi cette année pour des soins (j’ai le cœur qui s’emballe, des grincements vertébraux, une descente d’organes et la mémoire qui fuite), il y a par chance une grande bibliothèque avec plein de bouquins dans toutes les langues. Entre les séances de soin c’est bienvenue.
En ce moment je suis grande lectrice (c’est par saison). J’ai fini le Goncourt vers Noël La maison vide de Laurent Mauvignier (impressionnant ouvrage de 700 pages ). Dans le trajet train Marseille-Paris/vol Paris-Doha/vol Doha-Khozikode (ou Calicut) j’ai avalé sur ma liseuse plusieurs des talents invités de la Grande Librairie Mr Mouche de Claude Alain Arnaud : excellent/ La confrontation de Clara Dupont-Monod excellent/ Autoportrait à l’encre noir de Lydie Salvayre: Témoignage/et j’ai commencé un livre que mon frère a dû me coller subrepticement en m’offrant sa liseuse : l’Intelligence émotionnelle pour les nuls de Steven J. Stein adapté par Françoise Dorn. Formidable (d’accord frérot je vais l’étudier j’ai compris).
Dans leur bibliothèque j’ai trouvé Au bonheur des Ogres de Daniel Pennac que je n’avais jamais lu. Quel conteur ! Les nouvelles de Un yakuza chez le psy d Hideo Okuda que je ne connaissais pas. Original, frais et revigorant ! M’attendent maintenant les 1100 pages en poche de Belle du Seigneur d’Albert Cohen que je n’ai jamais lu.
On est maintenant le 6 janvier. Je freine les lectures et me calme. Le repos me gagne. Je prends connaissance des lieux et de mon environnement, l’océan tout près, les balades le long de la plage, les magasins de la rue, les bananiers, les palmiers et les immenses banyans, les grandes plantes dont je ne connais pas le nom mais qui sont celles de nos appartements sauf qu’elles ont ici une taille démesurée, les cris des corbeaux, le vol des milans, les chauves-souris dans le crépuscule qui font la taille de mon bras.
Le matin à l’aube j’aime aller au temple à côté du centre pour me poser et saluer en moi et pour le monde Krishna 8ème avatar de Vishnou, force majeure des déités indiennes, Ganesh le grand leveur d’obstacle, enseignant et protecteur, Durga puissance de la Mère Divine, et dans ce petit temple Ayyappa l’intègre et éthique fils de Shiva. La prière m’est ressource.
Tout me réjouit, même si la nuit je rêve de quelques délicats fantômes de mon quotidien laissés en France qui réclament de sortir de l’ombre et d’être exposés à l’air. Mais quelle douceur pour les traiter. La terre indienne m’a toujours facilité ce dépôt de moi-même et je lui suis reconnaissante. Et l’ayurvéda avec un cours de yoga simple le matin et mes 3 soins quotidiens me font un bien fou. Lavage intérieur et extérieur. Sans compter les rencontres formidables et internationales que l’on peut faire ici au centre. Toutes les nationalités s’y donnent rendez-vous. Je suis accompagnée de russes, d’ukrainiens, d’espagnols, de chiliens, d’anglais, d’espagnols, d’américains et j’ai croisé quelques asiatiques. De nombreux français aussi bien sûr.
A tout bientôt pour la suite des aventures…
Et encore Mille bonnes choses pour vous en cette année nouvelle !
Que tous vos vœux s’accomplissent comme souhaités!
Isabelle

Je fête Noël et je ne suis pas chrétienne. Je célèbre la Mahashivratri et toutes les fêtes hindoues et je ne suis pas hindoue. Je célèbre l'Aïd et d'autres fêtes et je ne suis pas musulmane. Nous ne faisons qu'un, sans frontières, et tant que nous ne serons pas à l'aise et tolérants envers toutes les religions et philosophies, notre monde ne connaîtra jamais la paix.
La ségrégation et la division sont malsaines, nées de la peur, du manque de respect envers autrui et de la simple ignorance.
Que vous vénériez le Christ, Krishna, Kali ou Allah, vous vénérez en réalité l'unique Lumière qui est aussi en vous, car elle imprègne toute chose. Tout provient de la Lumière, tout est Lumière par essence.
Sri Anandamayi Ma (1896-1982)

LES VŒUX D EDGAR MORIN
Amis, en l'année qui arrive, l'humanité est en dérive. Il faut beaucoup de courage et non pas fureurs et rages, pour affronter soir et matin l'adversité et l'incertain. Si le vrai est votre passion, multipliez sources information et rejoignez le parti d'Eros contre le mortel Thanatos.
Edgar Morin

Rappel des programmes de l’association :
Danse LONGO Mes RACINES avec ELIMA 21-22 février 2026
Conférence "Le son ensemence la vie" avec Ode Pactat Didier 12 mars 2026
Balade-écriture Comte de Monte Cristo 10 avril 2026
Belle année à tous les ami.es
Isabelle
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